Comment réconcilier l’entreprise et la biodiversité ? C’est pour répondre à cette question que Sandrine Bélier, directrice d’Humanité & Biodiversité a réunit cinq intervenants qui font rimer économie et respect, voire inspiration, du vivant. De la conception de produits et de matériaux innovants, aux processus d’auto-organisation, de gestion des flux et même d’intelligence collective, les interventions montrent que cette nouvelle économie existe déjà et ne demande qu’à être généralisée.

L’intervention de Laurent Boillot apporte le témoignage concret et positif d’une entreprise respectueuse de la biodiversité qui fonctionne. Il rappelle que « depuis 190 ans, la nature est le premier fournisseur de la Maison Guerlain » et que ceci étant dit « la qualité des produits dépend de la qualité des matières premières, donc du vivant ». C’est cette prise de conscience qui l’a poussé à entreprendre une démarche de responsabilité il y a 10 ans « on peut rentrer dans le sujet de la RSE par l’économie, à la recherche d’une économie durable et vertueuse ». Aujourd’hui, cette démarche est bien intégrée au fonctionnement de la Maison avec la mise en place de filières durables et quelques 3500 collaborateurs conscients de la nécessité de préserver, développer et transmettre un patrimoine exceptionnel. Il a rappelé l’importance de la transparence et surtout de la transmission en invitant le public à participer à la seconde édition des Universités des abeilles qui auront lieu le 22 mai prochain !

Emmanuel Delannoy, associé et coordinateur R&D de Pikaia confirme que « l’économie ne peut plus fonctionner indépendamment du vivant » et que « les modèles de création de valeur vont se réinventer en misant sur la créativité, les relations, la diversité, le capital naturel, mais aussi en réhabilitant la complexité comme valeur positive, comme moteur d’évolution ».

Ancienne navigatrice et actuelle présidente de WWF, Isabelle Autissier, est aussi convaincue que la solution passe par le collectif. Selon elle « ce que nous avons réussi à faire sur le climat, il faut l’appliquer à la biodiversité : réunir les différents acteurs de la société (d’abord les gouvernements, puis entreprises et les citoyens) et mettre en place une action commune régie par un agenda ».

L’objectif de Véronique Dham, présidente et fondatrice de GONDWANA est « d’amener l’ensemble des entreprises françaises, PME comprises, à changer de regard sur le vivant et leur faire prendre conscience de l’importance de leur rôle dans la préservation de la biodiversité ». Elle salue l’engagement des quelques pionniers, qui, comme la Maison Guerlain, ont déjà intégré la préservation de la biodiversité à leur fonctionnement.

Enfin, pour Patricia Ricard, présidente de la fondation Paul-Ricard, la nature est « une entreprise formidable qui a déjà fait ses preuves, un modèle de durabilité puisqu’elle ne produit pas de déchets, peu d’énergie, pas d’invendus et fonctionne en circularité ; le meilleur des benchmarks dans lequel toutes les organisations devraient puiser leur inspiration » !